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Madagascar, trésor de la biodiversité mondiale, objet d'une vaste étude Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
11-04-2008
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BaobabWASHINGTON (AFP) — Madagascar, considéré comme un trésor de la biodiversité mondiale, a fait l'objet d'une ambitieuse étude internationale modèle dévoilée jeudi aux Etats-Unis et destinée à aider son gouvernement à préserver au mieux cet héritage naturel sans pareil.

Cette île de l'océan Indien au large de l'Afrique de l'Est abrite 2% de la biodiversité du globe et bon nombre d'espèces uniques sur la planète, expliquent les auteurs de ces travaux parus dans la revue américaine Science du 11 avril.

Une équipe de 22 chercheurs de plusieurs universités aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suède a élaboré un programme très détaillé de préservation portant sur plus de 2.300 espèces animales et végétales réparties sur la totalité de l'île d'une superficie de 589.269 km2, soit un peu plus que la France.

Leur catalogue comprend des données sur de multiples espèces de fourmis, de papillons, d'oiseaux, de grenouilles, de lézards geckos et autres reptiles, de lémuriens, une espèce de primate unique à Madagascar, ainsi que de nombreuses plantes.

Ces scientifiques ont ensuite élaboré une carte des zones jugées les plus sensibles et qui devraient, selon eux, être prises en considération dans l'élargissement de la réserve naturelle existante.

Ces zones recouvrent plusieurs régions sur les massifs du plateau central et le littoral, où la couverture forestière est peu dense mais où l'on trouve une très importante biodiversité. Or, ces régions ont été négligées dans le passé, ce qui s'est traduit par une diminution des populations de nombre d'espèces entre 1950 et 2000.

Le gouvernement de Madagascar a prévu de s'appuyer sur les résultats de ce projet et sur ses recommandations pour tripler la superficie actuellement protégée et la porter de 20.234 à 60.700 km2.

"Cette étude de plusieurs années est un modèle qui va aider Madagascar à atteindre ses ambitieux buts de préservation de la biodiversité", souligne Steven Sanderson, président de la "Wildlife Conservation Society", une importante organisation privée américaine de défense de la nature basée à New York.

"En combinant d'énormes volumes de données grâce aux logiciels informatiques les plus avancés, nous avons pu identifier les priorités de préservation avec un haut degré de précision sur d'énormes superficies", explique Alison Cameron de l'Université de Californie à Berkeley (ouest), un des principaux co-auteurs de cette étude.

"Ces travaux ont élevé le niveau de ce qu'il est possible de faire en matière de programme de préservation", souligne Claire Kremen, une biologiste de Berkeley selon qui ce modèle de préservation peut être appliqué à d'autres hauts lieux de la biodiversité terrestre.

"Préserver la biodiversité sous des pressions énormes telles que la destruction des habitats naturels et le réchauffement climatique, constitue l'un des plus grands défis environnementaux du 21ème siècle", juge cette scientifique qui a travaillé sur ce projet avec la "Wildlife Conservation Society".

Selon certaines estimations, environ la moitié des espèces végétales et trois-quarts des animaux vertébrés sont concentrés dans des hauts-lieux de la biodiversités qui ne représentent que 2,3% de la superficie de terre ferme de la planète. Et Madagascar compte pour une grande part de ces trésors de la nature.

C'est ainsi que 80% des animaux de cette île n'apparaissent pas naturellement ailleurs sur la planète, soulignent ces chercheurs. Ils précisent que la moitié des caméléons du monde et la totalité des lémuriens ne se trouvent qu'à Madagascar, comme nombre d'autres espèces de plantes, d'insectes, d'oiseaux, de mammifères et de reptiles.

Source : AFP.

 
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